Ma méthode d’écriture

7 Déc 2020 | Ecriture, Vie d'auteur | 0 commentaires

Je reçois régulièrement des questions concernant mon processus d’écriture.

Où est-ce que je trouve l’histoire à raconter ? Comment je me prépare ? Est-ce que je fais un plan ? Est-ce que je me laisse guider par mes personnages ou est-ce que je suis méticuleusement mon plan ? Est-ce que j’ai une routine et est-ce que je me force à écrire tous les jours ? Est-ce que j’écris d’un trait le premier jet ou est-ce que je corrige au fur et à mesure ? À combien de personnes est-ce que je le fais lire ? En cours de route ou à la fin seulement ?

J’ai un temps pensé que je n’avais pas de méthode. Que j’avais écrit Reprendre son souffle en faisant n’importe quoi, n’importe comment. Force est de constater, alors que j’écris mon 2e roman, que j’applique exactement les mêmes procédés. Et que, sur moi, ça fonctionne assez pour que ce ne soit ni n’importe quoi, ni n’importe comment.

Méthode 1/5 : L’histoire

Pour Reprendre son souffle, l’histoire m’est venue d’un livre dont j’ai détesté la fin. J’ai commencé par réécrire cette fin, puis j’ai imaginé une autre histoire qui aurait pu arriver à l’héroïne pour qu’elle vive cette fin. Et j’en ai fait un roman à part entière.

Pour mon second roman, que je suis en train d’écrire en ce moment, l’histoire m’est venue d’une chanson. A partir des paroles, j’ai visualisé une fin de roman. Mais j’avais beau chercher, je ne savais pas comment la commencer. Et puis quelques semaines plus tard, les paroles d’une autre chanson m’aident à visualiser ce qui aurait pu arriver avant cette fin. J’ai l’histoire au global, il ne me reste qu’à écrire le scénario.

Je laisse alors à l’histoire le temps de se faire une place dans mon esprit, je me documente sur le sujet, sur les émotions (les forums sont d’ailleurs une mine d’or), je note dans un calepin chaque détail qui peut m’aider à constituer mes grandes lignes et j’attends. Cette phase dure longtemps. Et c’est important qu’elle dure. Car plus elle dure, plus il m’est facile d’écrire ensuite.

Une fois que je suis sûre de moi, j’attaque la colonne centrale de mon futur roman : le plan ! J’écris sur une page A4 les grandes étapes de mon histoire. Puis j’utilise chaque grande étape comme titre de chapitre (que je supprimerai par la suite). Et enfin, je développe en 8/10 lignes l’histoire que j’imagine pour chacun des chapitres.
C’est quelque chose d’assez scolaire, j’en conviens. Mais personnellement, ça m’aide à garder en tête le scénario que j’ai imaginé au départ, à ne pas m’éparpiller, à gagner du temps et à conserver une cohérence globale.
Attention : ça ne veut pas dire que je ne laisse pas libre court à mon imagination ou que je ne laisse pas les personnages prendre des décisions pour moi. Car il y a encore des milliers de mots, des dizaines de situations et des centaines d’émotions à trouver.

Vous voulez connaître ma méthode pour remplir ces blancs et aider mon imagination ? Lisez la suite !

Méthode 2/5 : L’inspiration

Avoir les idées, puis savoir les orchestrer pour qu’elles aient du sens. Voilà toute la difficulté d’écrire un roman.

Me concernant, je distingue deux sortes d’inspiration :

La 1ere est celle qui me permet d’étayer mon histoire. Elle vient de vidéos, de clips, de films, de livres… Sans plagier (bien évidemment), j’y pioche des idées ou des contre-pieds. Elle vient aussi de mon environnement, de ma vie quotidienne, de mon histoire personnelle.
Dans un post précédent, je vous ai parlé d’une vidéo de Félix Radu qui m’avait inspirée l’attitude de Vincent dans Reprendre son souffle. Un autre exemple : ma fille faisait de la balançoire, je la poussais gentiment par devant quand j’ai tenté de l’embrasser. J’ai dû m’y reprendre à trois fois pour atteindre sa joue, provoquant chez elle un fou rire incroyable. Cette tranche de vie, même si j’ai dû l’adapter à un homme et une femme, vous pourrez la retrouver dans Reprendre son souffle.

La 2e est celle qui me permet de me mettre dans de bonnes conditions et qui m’inspire pour écrire. C’est ce qui me permet de jouer au chef d’orchestre avec toutes mes idées.
Sans grand suspense pour ceux qui me suivent depuis un moment ou qui ont lu mon premier roman, il s’agit pour moi de la musique. Dans mon histoire, la musique est aussi importante que les mots. Pour l’ambiance, le rythme, l’émotion, l’énergie, l’intensité. Sauf que la musique vous ne pouvez pas l’entendre quand vous lisez, alors je fais en sorte qu’elle se ressente, et c’est là tout l’intérêt pour moi de bien la choisir.
Je me constitue une playlist spécifique au roman que j’écris, avec des sons qui m’inspirent l’ambiance et le rythme, et des chansons à texte qui m’inspirent pour les sujets que je traite dans mon roman. A noter que j’ai une chanson ou un thème pour chaque moment important de mon histoire.

Pour la suite, je vous propose de répondre à cette épineuse question : est-ce que je m’oblige à écrire tous les jours ?

Méthode 3/5 : Le temps

J’y consacre beaucoup de temps, c’est indéniable. Mais je ne suis pas constante.
Le début de Reprendre son souffle a été timide, j’ai commencé uniquement les après-midis pendant la sieste de mes enfants. Et puis j’ai fini par écrire à chaque moment de libre en dehors de mon job, réduisant mes nuits à peau de chagrin, y passant entre 8 et 12h par jour, 7j/7…
Au début de mon deuxième roman : même scénario ! J’ai commencé doucement, même si j’avais du temps pour écrire. Et aujourd’hui, rien ou presque ne m’arrête (sauf cette page) tant l’envie est forte.

Le point commun entre ces deux situations, c’est la prise de l’histoire sur mon esprit. Comme lorsqu’on lit un livre et qu’on est impatient de lire la suite, il me faut un petit temps pour entrer dans mon histoire. Jusqu’au déclic qui m’amène à être impatiente d’en écrire la suite.

Mais même là, je ne suis pas constante. Il m’arrive de ne plus avoir envie. Et si je ne prends pas de plaisir, je sais par avance que je n’en tirerai rien de bon. C’est pour cette raison que je ne me force jamais à écrire, que je ne participe pas aux challenges, que je ne m’impose pas de session d’écriture tous les jours. Je ne m’impose qu’une seule chose : faire en sorte que ça reste agréable. Si ça ne l’est plus, c’est qu’il faut que je change quelque chose.
Et voici les enseignements que j’ai tirés des moments désagréables :
* En cas de passage difficile ou qui me bouleverse, j’avance par petits pas, ou je m’arrête pour travailler sur un passage agréable, histoire de contrebalancer.
* Si je bloque sur un passage et que je suis saoulée de l’écrire, c’est qu’il faut que je l’abandonne et que je trouve une autre solution pour faire avancer mon histoire sans lui.
* En cas de panne d’inspiration, je pars faire autre chose, et généralement, l’inspiration revient comme par magie.
* En cas de fatigue, je ne me force pas à écrire sous prétexte qu’il y a un créneau pour, je vais dormir ou je me détends.
En résumé, aucune pression, que du plaisir.

Méthode 4/5 : La correction

J’ai entendu et lu beaucoup de choses à propos du premier jet. Mais le conseil qui revient le plus souvent, c’est d’écrire et de ne pas y revenir tant qu’on n’a pas terminé le 1er jet.
Personnellement, je ne fais pas du tout comme ça !
Quand je débute une session d’écriture, je relis toujours ce que j’ai écrit lors de la précédente session. Je corrige immédiatement ce qui me pose problème, je taille, j’ajoute et parfois même je supprime (un couper-coller ailleurs, au cas où). Puis j’écris la suite.
Ensuite, je travaille toujours sur deux chapitres en même temps. Exemple : sur les chapitres 5 et 6, puis sur les chapitres 6 et 7, etc. Ça m’aide à garder une certaine cohérence dans le ton.
Il m’arrive aussi très régulièrement de revenir sur un passage après avoir eu une idée. C’est ce que, personnellement, j’appelle la méthode du millefeuille. Tel un millefeuille (ou une peinture) mon roman est écrit par couches. La première couche, c’est celle qui vient grâce à mon plan. Celle que j’ai imaginée longtemps avant de poser les premiers mots.
Les couches suivantes, je les ajoute en fonction d’un besoin recherché.
Une passion pour mon personnage principal, des détails météos pour se repérer sur la période de l’année, des descriptions plus détaillées pour s’imaginer les lieux, etc.
Et c’est ainsi que je rajoute une couche sur l’ensemble du roman, puis une autre, et encore une autre, à la fin ou en cours de route. C’est d’ailleurs ce que j’ai fait hier soir en ajoutant un chapitre en plein milieu de mon 2e roman… Vous l’aurez compris, je ne m’empêche rien, quitte à ce que ça ait l’air désorganisé. En partant de ce constat, inutile de vous dire que je ne fais pas de fiches personnages 😁

Une fois que j’ai l’impression d’avoir posé le mot FIN, là j’estime que mon premier jet est terminé. Et je m’autorise à le relire entièrement.

Que se passe-t-il après ? Lisez la suite !

Méthode 5/5 : Les bêtas-lecteurs

Je ne parle pas de ce que j’écris et je ne fais rien lire tant que je n’ai pas terminé de l’écrire entièrement. Quand je juge que le 1er jet est terminé, je le mets de côté quelques jours histoire de l’oublier. Puis je me mets dans les conditions d’un lecteur : je le lis sur une tablette plutôt que sur mon ordinateur et je me refuse de faire la moindre correction en cours de lecture. J’ai mon calepin à côté de moi, et au fur et à mesure, je note les fautes d’orthographe, les répétitions, les oublis de ponctuations, les incohérences, les manquements, les paragraphes qui demandent d’être retravaillés.
Quand j’ai terminé, je corrige et réécris tout ce qui a besoin de l’être. Je le relis une 2e fois. Et ensuite seulement, je l’envoie à quelqu’un.

Sans certitude d’adopter la même stratégie pour mon 2e roman, je vais vous dire ce que j’ai fait pour le 1er (Reprendre son souffle) :
Je l’ai envoyé à une amie qui lit beaucoup et que je sais avoir un style proche du mien. Pas de grosse prise de risque, c’était surtout pour me rassurer : bien ou pas bien ?
Elle m’a rassurée à mi-lecture (ouf !), m’a re-rassurée à la fin de sa lecture (re-ouf !), et je lui ai posé des questions très précises, comme « ce passage t’a-t-il émue ? » ou « est-ce que cette réaction te semble cohérente ? ». Puis je suis repartie sur une 2e phase d’écriture.
J’avais mis 2 mois à écrire le 1er jet. La 2e phase d’écriture m’a pris presque 2 mois de plus.
Une fois terminé, je l’ai envoyé à une autre amie, très critique. Quand elle aussi m’a fait un retour positif (re-re-ouf !), je l’ai fait lire à mon mec (il n’attendait que ça !)
J’ai travaillé sur des petites corrections après leurs retours puis j’ai décidé de ne plus y toucher. Sans cette décision, je serais probablement encore en train de le modifier. Or pour moi un livre, c’est comme un tableau : il faut savoir s’arrêter au risque de tout gâcher.

Voilà, vous connaissez désormais mon processus d’écriture.
Quel est le vôtre ? Voyez-vous des points communs ?

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Marie Nomis - Actualités

Marie Nomis, 34 ans – Lille

Bienvenue sur l’espace actualités ! Ici, je vous parle de mon premier roman, des étapes de la création jusqu’à son envol en tant que livre. Mais aussi de mon processus d’écriture, de mes doutes, de mes difficultés.

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