Il est arrivé dans un cri. Le mien.

11 Fév 2021 | Vie d'auteur | 0 commentaires

J’avais entendu dire qu’en cas de césarienne, le papa n’était pas autorisé à entrer au bloc. Ça me tracassait pas mal. Pour moi c’était un peu comme si c’était le 1er spectacle de notre enfant et que j’étais la seule à être invitée. Inimaginable.
Le jour J, mon mec m’a aidé à ne pas y penser. Il a passé son temps à blaguer, à jouer avec les appareils et à filmer ses bêtises. J’étais sure que c’était un garçon, il riait d’avance de la blague qu’il ferait en le voyant avant moi, celle de m’annoncer que c’était un poney. Entre 2 contractions, je riais au bonheur qui nous attendait.


Quand la sage-femme est venue pour me bouger dans tous les sens parce que les battements du coeur de notre bébé ralentissaient, j’ai arrêté de rire. Quand elle est revenue avec un collègue, j’ai carrément blêmi.
L’obstétricien nous a calmement annoncé qu’il ne fallait pas trainer, je me suis mise à pleurer parce que mon mec allait manquer la fête, l’obstétricien m’a annoncé qu’il pourrait y participer s’il portait une blouse, j’ai pleuré encore un peu puis j’ai été transportée au bloc.


Autour de moi, ça s’agitait et ça plaisantait, comme s’il n’y avait pas de quoi s’inquiéter, que ce que je vivais n’était pas différent de leur quotidien. Mais je ne quittais pas la porte des yeux. Il n’était toujours pas là. Je le réclamais encore quand ils m’ont annoncé qu’ils allaient commencer. Quand il a fini par entrer, tout de bleu vêtu, j’ai été soulagée, j’ai pensé respirer à nouveau, mais non. Une inquiétude s’était cachée derrière la première, sournoise : celle qu’il arrive quelque chose à mon bébé.


Nos mains solidement accrochées, nous ne nous sommes plus adressés un mot. Nous fixions le drap derrière lequel se jouait le 1er grand rôle de la vie de notre enfant. Et puis il y a eu un son, celui de la vie, et les larmes de soulagement ont roulé sur mes joues. Mon mec a eu l’honneur de découvrir le sexe avant moi. Bien sûr qu’il n’allait pas blaguer, pas après ce qu’on venait de vivre. Mais peut-être y pensait-il encore ou peut-être était-il soulagé lui aussi, car il a annoncé que c’était un garçon en riant.

Le prénom a été dit dans un cri. Le mien.

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Marie Nomis - Actualités

Marie Nomis, 34 ans – Lille

Bienvenue sur l’espace actualités ! Ici, je vous parle de mon premier roman, des étapes de la création jusqu’à son envol en tant que livre. Mais aussi de mon processus d’écriture, de mes doutes, de mes difficultés.

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