Renouer avec un rêve

Renouer avec un rêve

A l’âge de 12 ou 13 ans, j’ai demandé à avoir un synthétiseur. Le père de ma voisine en avait un, je jouais à l’occasion quand j’allais chez elle, et j’adorais ça.
Alors j’ai insisté comme je savais le faire. Ma mère s’est débrouillée comme elle savait le faire. Et pour un Noël ou un anniversaire, je l’ai eu.


Je me souviens du sourire qui ne quittait pas mon visage. Le bonheur de le regarder, de le savoir là, dans ma chambre. D’entendre le son qu’il produisait en posant quelques doigts.
Mais passés les premiers jours à m’amuser, j’ai déchanté. Parce que je ne savais pas en faire. A l’époque, à part si on était un petit prodige ou doté d’une grande détermination, il fallait apprendre avec quelqu’un, et on n’en avait pas les moyens. Alors j’ai cessé de l’utiliser. Ma mère m’en a voulu. Je m’en suis voulu d’avoir fait des pieds et des mains pour rien. Et il a été revendu.


Pourtant, pendant toutes ces années, je n’ai jamais quitté le rêve de savoir jouer du piano. C’était dans un coin de ma tête, un peu comme l’écriture. Sur ma liste des choses à faire avant de mourir, au même titre que le skateboard ou le voyage en bateau. Et puis, comme pour l’écriture, j’ai profité du premier confinement pour remettre cette idée au goût du jour. Le piano sur cette photo est à nouveau un cadeau. Un cadeau que j’ai demandé. Comme pour me pousser à me rattraper du premier cadeau gâché. Comme un pacte avec l’autre de ne pas décevoir à nouveau.


En vingt ans, tout a changé. Désormais, il y a YouTube et les milliers de tutos à portée de doigt. En regardant simplement des vidéos sur mon téléphone, j’ai appris seule à jouer ce morceau tiré du film La la land, que j’aime tant. C’est très imparfait mais finalement ça n’a pas tellement d’importance. Parce que ma détermination a changé, elle aussi. Elle a grandi avec les années, s’est nourrie de ma frustration et de mes échecs, s’est réveillée plus forte, plus vigoureuse. Plus enragée. Et parce que grâce à elle, grâce à ce cadeau fait à moi-même, j’ai fait la paix avec mon rêve d’enfant.

La la land

Nos étoiles contraires – Mon avis

Nos étoiles contraires – Mon avis

Vous saviez que ce livre avait reçu plusieurs prix et notamment qu’il avait été élu  » meilleur roman  » par le Time Magazine en 2012 ?
Je ne le savais pas.
J’ai vu le film il y a quelques années. J’avais beaucoup aimé, j’étais ressortie un peu triste, mais je n’avais pas été bouleversée.
Je l’ai été avec ce livre.

Au début, j’avais encore cette image d’histoire pour adolescents que m’avait laissé le film. J’avais tort ! Ce livre n’est pas un livre pour adolescents avec des adolescents. Ce livre est une histoire sur la vie. Dure et tendre. Drôle et triste. Simple et complexe. Je ne suis pas adepte de ce type de lecture habituellement. Je n’aime pas tellement quand mon petit coeur est mis à rudes épreuves. Et pourtant, j’ai tant aimé ! Je crois que j’ai aimé parce que malgré les épreuves, malgré le malheur, on y voit la beauté d’être et de vivre.
Ce livre mérite tous ses prix.
C’est de loin l’un de mes plus gros coup de cœur de ces dernières années.

Vous le savez, je ne suis pas adepte des résumés mais plutôt de la première page.
Sur la 4e de couverture, il n’y a pas de résumé. Mais des avis ! Ce livre et moi, on était définitivement faits pour s’entendre.

L’avez-vous lu ? Avez-vous aimé ?

J’ai un fils

J’ai un fils

J’ai un fils. Il a 6 ans et il perd tout. Son écharpe, ses gants, ses pochettes de cartes Pokémon, ses masques. Il perd aussi régulièrement le contenu de sa trousse.
Quand je lui demande comment c’est arrivé, il hausse les épaules et répond simplement « bah je sais pas moi ». Contente-toi de ça.


Hier après-midi (dimanche) j’ai insisté dans mon interrogatoire. Vous comprenez, il a perdu son taille crayon et je me retrouve au-dessus de la poubelle, un couteau à la main, à tailler comme je peux les quinze crayons qui composent sa trousse.
« On me l’a peut être volé ». Remettre la faute sur les autres, tactique classique d’un enfant.
Dans sa trousse, il y a aussi un tube de colle. Mais ce n’est pas le sien. « C’est celui de la maîtresse » me dit-il innocemment. Et le tien ? « Bah je sais pas moi ». Il ne sait pas. J’imagine bien la tête de sa maîtresse à qui il doit asséner le même argument. Et le désarroi de cette même maitresse face aux nombreux élèves à lui faire le même tour tous les ans. L’école, c’est le triangle des Bermudes c’est bien connu.

Mon fils a donc 6 ans et il perd tout, en particulier le contenu de sa trousse. Et figurez-vous que ça m’émeut plus que ça ne m’agace. Parce que je me souviens qu’à une époque, son père perdait lui aussi le contenu de sa trousse. Et que sans cette manie, lui et moi n’aurions probablement jamais entamé la conversation dans cette salle de classe. Et que nous n’aurions pas un enfant qui possède la même manie.
De là à dire que la boucle est bouclée, il n’y a qu’un pas. Ou un crayon.

J’ai un nouveau réflexe

J’ai un nouveau réflexe

Avant, mon téléphone était rempli de photos de mes enfants. Maintenant (depuis que j’écris), il est rempli de photos de mes enfants, du ciel et… de captures d’écran. C’est un joyeux bazar, ou une mauvaise manie, tout dépend de quel point de vue on se place. Je fais des captures d’écran tout le temps. Pour un mot, une phrase, une image, un visage, une posture, une ambiance. Je m’inspire de tout ce que je vois et de tout ce que je lis, tout le temps.


Ces captures d’écran sont tellement nombreuses qu’elles me font l’effet d’une pile de feuilles volantes sur lesquelles j’aurais noté plusieurs bouts de phrases par page, mais sans rien avoir organisé.
Alors souvent, quand je suis à la recherche de quelque chose dont je me souviens vaguement, j’en lis quelques-unes, au hasard. Évidemment, je ne retrouve jamais ce que je cherchais vraiment.

Mais quel bonheur, dans ce joyeux bazar, de redécouvrir ce que j’avais oublié !

Une astuce pour m’aider à organiser tout ça ?

Relecture et suppression

Relecture et suppression

La semaine dernière, j’ai fait lire le début de mon second roman à mon mec. Je sais, c’est étrange de faire ça, ce n’est qu’un premier jet, il est plein d’imperfections et surtout, pour mon premier roman, mon mec avait été le dernier à le lire. Je sais. Mais j’étais un peu paumée. J’étais pas sure que c’était bien. J’avais besoin de le faire lire à quelqu’un.

On dînait tous les deux. On avait du temps devant nous. J’ai commencé à lui lire, il a sourit, il a dit ça commence bien, je me suis mise à respirer à nouveau. J’ai continué ma lecture sans vraiment qu’il m’interrompe, suspendue à ses réactions, jusqu’à la fin du chapitre 2. On a débriefé un peu, il m’a fait quelques remarques que j’ai trouvé très justes, et on aurait pu s’arrêter là sauf qu’on avait commencé, et que j’avais envie qu’il me rassure sur ce chapitre 3 qui m’avait causé tant de soucis.
Alors j’ai commencé à lui lire en lui précisant que j’étais pas sure de ce chapitre là, et il s’est endormi… (vous avez le droit de rigoler)
A sa décharge, il était 2h du matin. Mais quand même, il s’est endormi ! Et ça m’a confirmé ce que je savais déjà : c’était pas assez intéressant pour que ça le garde éveillé.

J’ai tourné et retourné le problème dans tous les sens, à la recherche d’une solution. Jusqu’à ce qu’hier, je prenne une décision radicale : changer le cours de mon histoire et modifier une partie de l’intrigue.
Et voilà comment j’en suis venue à supprimer (pour réécrire) entièrement les chapitres 3 et 4 de mon roman.
Solution radicale, je sais.


Ça va demander beaucoup de boulot. Une montagne de boulot. Mais je ne suis pas du genre à jeter l’éponge pour une histoire de montagne, d’intrigue ou d’histoire. Je ne suis pas du genre à jeter l’éponge tout court. Je suis plutôt du genre à penser au chapitre plutôt qu’à la montagne, pour ne pas me sentir essoufflée avant même de commencer.
Ce deuxième roman est décidément bien différent du premier. Plein de surprises et de difficultés. Mais vous me croyez si je vous dis que je suis remontée à bloc et prête à gravir la montagne ? 💪

Envie de lire mon premier roman (sur celui-ci, non seulement mon mec ne s’est pas endormi, mais il est resté éveillé toute la nuit pour le finir) ? Rendez-vous sur cette page !

La critique est facile. L’art est difficile.

La critique est facile. L’art est difficile.

Je n’avais jamais pensé qu’être auteure était si difficile avant de le devenir.
Et là, je ne parle pas de l’acte de création en lui même. Je parle de l’après. C’est l’après la plus grande des épreuves.
Je savais que je serais critiquée. J’ai d’ailleurs écrit un jour que je savais que je ne pourrais pas plaire à tout le monde pour la simple et bonne raison que je n’étais pas une pizza. Mon livre n’était pas sorti que déjà je me préparais à ne pas plaire.

Et puis mon livre est sorti.
J’ai reçu beaucoup de retours positifs.
Et un 1er avis négatif. Puis un 2e. Même pas constructifs mais… Aïe. Ça fait mal. Ça remet tout en question.
J’en étais là, à me demander comment devenir pizza, quand j’ai vu une vidéo de @nathaliesejean
Et là RÉVÉLATION. Je vous encourage à la regarder (je la mets en story) mais si je dois résumer, j’ai retenu 2 choses : il y aura toujours des avis qui puent la haine ET ce que j’ai créé n’est pas parfait mais je vais m’améliorer. Ça ne doit pas m’empêcher de faire. Jamais.

Dernière chose pour conclure :
J’apprends à mes enfants à dire « je n’aime pas » plutôt que « c’est dégueulasse ».
Ça vous semble logique ? Pour la plupart d’entre nous, ça l’est. Mais certains, sous couvert d’être cachés derrière leur ordinateur, oublient les bonnes manières et n’hésitent pas à cracher dans la soupe.
Alors vous qui me suivez, vous qui lisez et laissez des avis publics : faites preuve de bienveillance lorsque vous partagez un avis négatif. Et demandez-vous si, face à votre hôte après avoir terminé le plat qu’il a préparé, vous lui diriez que c’est dégueulasse ou que vous n’avez pas aimé.

Vos mots comptent.
Au mieux, ils enchantent.
Au pire, ils détruisent.