Relecture et suppression

Relecture et suppression

La semaine dernière, j’ai fait lire le début de mon second roman à mon mec. Je sais, c’est étrange de faire ça, ce n’est qu’un premier jet, il est plein d’imperfections et surtout, pour mon premier roman, mon mec avait été le dernier à le lire. Je sais. Mais j’étais un peu paumée. J’étais pas sure que c’était bien. J’avais besoin de le faire lire à quelqu’un.

On dînait tous les deux. On avait du temps devant nous. J’ai commencé à lui lire, il a sourit, il a dit ça commence bien, je me suis mise à respirer à nouveau. J’ai continué ma lecture sans vraiment qu’il m’interrompe, suspendue à ses réactions, jusqu’à la fin du chapitre 2. On a débriefé un peu, il m’a fait quelques remarques que j’ai trouvé très justes, et on aurait pu s’arrêter là sauf qu’on avait commencé, et que j’avais envie qu’il me rassure sur ce chapitre 3 qui m’avait causé tant de soucis.
Alors j’ai commencé à lui lire en lui précisant que j’étais pas sure de ce chapitre là, et il s’est endormi… (vous avez le droit de rigoler)
A sa décharge, il était 2h du matin. Mais quand même, il s’est endormi ! Et ça m’a confirmé ce que je savais déjà : c’était pas assez intéressant pour que ça le garde éveillé.

J’ai tourné et retourné le problème dans tous les sens, à la recherche d’une solution. Jusqu’à ce qu’hier, je prenne une décision radicale : changer le cours de mon histoire et modifier une partie de l’intrigue.
Et voilà comment j’en suis venue à supprimer (pour réécrire) entièrement les chapitres 3 et 4 de mon roman.
Solution radicale, je sais.


Ça va demander beaucoup de boulot. Une montagne de boulot. Mais je ne suis pas du genre à jeter l’éponge pour une histoire de montagne, d’intrigue ou d’histoire. Je ne suis pas du genre à jeter l’éponge tout court. Je suis plutôt du genre à penser au chapitre plutôt qu’à la montagne, pour ne pas me sentir essoufflée avant même de commencer.
Ce deuxième roman est décidément bien différent du premier. Plein de surprises et de difficultés. Mais vous me croyez si je vous dis que je suis remontée à bloc et prête à gravir la montagne ? 💪

Envie de lire mon premier roman (sur celui-ci, non seulement mon mec ne s’est pas endormi, mais il est resté éveillé toute la nuit pour le finir) ? Rendez-vous sur cette page !

La critique est facile. L’art est difficile.

La critique est facile. L’art est difficile.

Je n’avais jamais pensé qu’être auteure était si difficile avant de le devenir.
Et là, je ne parle pas de l’acte de création en lui même. Je parle de l’après. C’est l’après la plus grande des épreuves.
Je savais que je serais critiquée. J’ai d’ailleurs écrit un jour que je savais que je ne pourrais pas plaire à tout le monde pour la simple et bonne raison que je n’étais pas une pizza. Mon livre n’était pas sorti que déjà je me préparais à ne pas plaire.

Et puis mon livre est sorti.
J’ai reçu beaucoup de retours positifs.
Et un 1er avis négatif. Puis un 2e. Même pas constructifs mais… Aïe. Ça fait mal. Ça remet tout en question.
J’en étais là, à me demander comment devenir pizza, quand j’ai vu une vidéo de @nathaliesejean
Et là RÉVÉLATION. Je vous encourage à la regarder (je la mets en story) mais si je dois résumer, j’ai retenu 2 choses : il y aura toujours des avis qui puent la haine ET ce que j’ai créé n’est pas parfait mais je vais m’améliorer. Ça ne doit pas m’empêcher de faire. Jamais.

Dernière chose pour conclure :
J’apprends à mes enfants à dire « je n’aime pas » plutôt que « c’est dégueulasse ».
Ça vous semble logique ? Pour la plupart d’entre nous, ça l’est. Mais certains, sous couvert d’être cachés derrière leur ordinateur, oublient les bonnes manières et n’hésitent pas à cracher dans la soupe.
Alors vous qui me suivez, vous qui lisez et laissez des avis publics : faites preuve de bienveillance lorsque vous partagez un avis négatif. Et demandez-vous si, face à votre hôte après avoir terminé le plat qu’il a préparé, vous lui diriez que c’est dégueulasse ou que vous n’avez pas aimé.

Vos mots comptent.
Au mieux, ils enchantent.
Au pire, ils détruisent.

Sur la route

Sur la route

Je n’aime pas les trajets en voiture. J’ai l’impression de perdre mon temps.

Quand je suis passagère, je dors, je lis, j’écris, je traîne sur Instagram, je prends des nouvelles par sms. Mais bien souvent, je m’ennuie. Et bien souvent, je perds patience, je bouge dans tous les sens, je souffle et je re-souffle de m’entendre souffler. Alors parfois, il me dit « raconte moi quelque chose que je ne sais pas » et je souris à l’idée qu’il veuille essayer de faire passer mon ennui.

Parfois on ne trouve rien à se raconter, parfois on aimerait ne jamais arriver à destination tant la conversation est intéressante. Parfois, on parle de tout et de rien, parfois on prend de grandes décisions comme le jour où on a décidé de changer de vie. Parfois on parle du passé, du présent et de ce qui nous attriste, parfois on s’amuse à rêver notre avenir.
On a beau se parler tous les jours et se connaître depuis des années, on en apprend beaucoup sur l’autre quand on se donne le temps de parler et de s’écouter.
Et finalement, quoi de mieux que ces moments où l’on est enfermés ensemble pour le faire.

Je n’aime pas les trajets en voiture. Mais j’aime les passer avec lui.

Un deuxième roman.

Un deuxième roman.

Voilà. J’ai terminé le premier jet de mon deuxième roman.

Hier, j’ai passé ma journée à le relire d’une traite. J’ai globalement aimé ce que j’ai lu, mais j’ai aussi pris conscience de la masse de travail encore à abattre. La dernière scène est une succession de mots sans âme, il y a encore une montagne de passages à corriger, de scènes à ajouter, de détails à revoir. Contrairement à Reprendre son souffle, il me faudra surement 3 ou 4 versions avant de pouvoir le faire lire à ma première beta-lectrice. Pourquoi ? Parce que le sujet que j’ai choisi de traiter est bien plus complexe… mais j’aurai l’occasion d’en reparler.
Loin d’être découragée, je suis impatiente d’en découdre. Mais il faut aussi que je m’accorde une pause. Que je digère ce texte, pour mieux le retravailler ensuite. Et que j’écoute mon corps, qui me signale à grand renfort d’alertes, que j’aille dormir un peu.

Je vais profiter de cette pause pour lire à nouveau. J’ai une pile impressionnante de livres qui n’attendent que moi. Parmi eux, les romans de @gaelle_ausserre@marion_finzi , @_charlenedupuis et @joffrey.gabriel_ecrivain que j’ai découvert grâce à instagram, et que j’ai hâte de lire. Et la suite de Les gens heureux lisent et boivent du café de @agnesmartinlugand.auteur

On n’est pas préparé à ça.

On n’est pas préparé à ça.

Au delà d’une simple distraction, un livre a ce pouvoir de bousculer, d’amener à la réflexion et de bouleverser.

Quand on écrit, quand on publie un texte, une nouvelle, un roman, on n’est pas préparé aux émotions des autres. On espère bien-sûr, on croise les doigts même, pour que les autres aiment, ou au moins apprécient, en se disant que ce serait déjà ça. Mais on n’est pas préparé à ce que ça aille au delà. A ce que nos écrits touchent, bouleversent, résonnent dans le coeur des autres.
En tout cas, moi, je n’étais pas préparée.
Je n’étais pas préparée aux messages privés qui me font part des larmes, des remises en question. Je n’étais pas préparée à entendre des histoires, des vraies, qui font écho à celle que j’ai imaginée. Je n’étais pas préparée à être bouleversée au point d’en rester sans voix et sans mots.
J’ai publié ce livre en espérant toucher un certain nombre de lecteurs. Un au minimum. C’est ce que j’avais d’ailleurs écrit avant le lancement : « si je touche ne serait-ce qu’une seule personne, alors j’aurais tout gagné ».
Aujourd’hui, peut-être parce que je n’étais pas préparée, je suis bouleversée que ça puisse être le cas.

Alors, à tous ceux qui ont lu Reprendre son souffle et qui m’ont écrit après (ou qui l’ont fait en déposant un commentaire public), sachez que ce que je vis de plus beau aujourd’hui, c’est grâce à vous.
Qu’au delà du plaisir d’écrire, je savoure le plaisir d’être lue. Et que ma plus belle récompense est de savoir que ce que j’ai écrit et qui m’a bouleversé, a pu bouleverser certains d’entre vous.

L’histoire d’une naissance

L’histoire d’une naissance

Il y a 4 ans jour pour jour, débarquait un petit être dans une joyeuse pagaille.

J’étais embêtée pour plusieurs raisons.
La première, anecdotique, concernait la finale de Koh Lanta qui se déroulait le soir même et que j’espérais ne pas devoir regarder en Replay.

La deuxième, c’est que j’étais à l’hôpital depuis 3 jours pour des loupées. Contractions rapprochées en pleine nuit, je bipe le papa qui travaille à 200km de là, je fais venir la marraine du 1er pour le garder. Pour finalement être renvoyée chez nous au petit matin, le temps, je cite « de me détendre », et revenir le soir même. Je n’avais pas encore le droit aux sushis alors on est allés se détendre au McDo. On a organisé la garde du 1er et on a passé une 2e nuit à l’hôpital. Embêtée et crevée.

La troisième, c’est que nous n’étions toujours pas fixés sur le prénom. Parce que j’aime les surprises, on a gardé la surprise du sexe. Résultat, il fallait choisir 2 prénoms. Et on n’était toujours pas fixés quand j’ai commencé à pousser.

La quatrième, c’est que le papa était physiquement à mes côtés, mais toujours là où je l’avais contraint de partir pour me rejoindre. Un gros dossier. Si gros que son téléphone était vissé à son oreille. Si gros que je me revois encore, les jambes écartées, prête à pousser, et les yeux affolés de la sage femme qui me dit « ben il est où le papa ? ». Il était dans le couloir. Au téléphone.
Bébé et moi on a dû sentir que c’était pas le moment de trainer, parce qu’en deux poussées, c’était terminé.

Et puis le temps s’est arrêté. La pagaille a disparu pour laisser place à l’émerveillement. Un petit être qui respire, qui tente d’ouvrir les yeux. Un petit être qu’on découvre, qu’on regarde sous toutes les coutures. Ah tiens, c’est une fille. Le prénom est prononcé dans un souffle. Il n’y avait plus de doute tout à coup.

Aujourd’hui, comme tous les ans, je me souviens de cette pagaille.
Mais comme pour confirmer qu’après la tempête vient le calme, je me revois aussi ce soir là, dans ma chambre d’hôpital, des sushis sur mes genoux, ma fille à ma droite dormant paisiblement, le papa à ma gauche dormant lourdement, et face à moi, une télé allumée sur mon programme préféré.