Un blocage

Un blocage

Il m’arrive de me triturer le cerveau pendant des heures, de modifier, de supprimer des bouts de mon deuxième roman, tout simplement parce que je n’arrive pas à mettre de l’ordre dans mes idées. Je veux transmettre quelque chose, mais je ne sais pas comment l’écrire. C’est frustrant, rageant, décourageant, et ça me met tellement les nerfs à vif, que parfois, je referme avec force mon ordinateur comme s’il y était pour quelque chose.


Alors, je l’ai déjà dit ici, et je l’ai déjà lu ailleurs, c’est souvent quand on fait autre chose que l’idée arrive. Souvent oui. Mais pas tout le temps. Parfois, ça continue de bloquer. Et le fait que ça bloque, vous allez me dire que c’est parce que j’y pense encore. Oui, surement. Mais on ne se débarrasse pas facilement d’un échec, même s’il ne s’agit que d’un paragraphe d’un roman. Parce que parfois, cet échec, au delà de donner tout son sens à l’articulation d’une histoire, il écorche notre confiance en nous et nous empêche d’avancer.


Je n’ai pas de formule magique pour que ce blocage prenne fin. On est tous différents, l’origine de nos blocages aussi. Mais tout de même, il y a un truc chez moi qui fonctionne parfois. A l’instar de la douche que j’ai vu chez certains auteurs, chez moi, c’est le fait d’aller me coucher. Il arrive qu’en posant ma tête sur l’oreiller, la solution me vienne. Comme si plonger mon cerveau dans l’obscurité m’aidait à y voir plus clair. Je peux alors rallumer mon téléphone 4 ou 5 fois d’affilée pour noter une idée. Parfois ça n’a rien à voir avec ce qui me bloque. Parfois ça a tout à voir. Et c’est merveilleux.

Il est arrivé dans un cri. Le mien.

Il est arrivé dans un cri. Le mien.

J’avais entendu dire qu’en cas de césarienne, le papa n’était pas autorisé à entrer au bloc. Ça me tracassait pas mal. Pour moi c’était un peu comme si c’était le 1er spectacle de notre enfant et que j’étais la seule à être invitée. Inimaginable.
Le jour J, mon mec m’a aidé à ne pas y penser. Il a passé son temps à blaguer, à jouer avec les appareils et à filmer ses bêtises. J’étais sure que c’était un garçon, il riait d’avance de la blague qu’il ferait en le voyant avant moi, celle de m’annoncer que c’était un poney. Entre 2 contractions, je riais au bonheur qui nous attendait.


Quand la sage-femme est venue pour me bouger dans tous les sens parce que les battements du coeur de notre bébé ralentissaient, j’ai arrêté de rire. Quand elle est revenue avec un collègue, j’ai carrément blêmi.
L’obstétricien nous a calmement annoncé qu’il ne fallait pas trainer, je me suis mise à pleurer parce que mon mec allait manquer la fête, l’obstétricien m’a annoncé qu’il pourrait y participer s’il portait une blouse, j’ai pleuré encore un peu puis j’ai été transportée au bloc.


Autour de moi, ça s’agitait et ça plaisantait, comme s’il n’y avait pas de quoi s’inquiéter, que ce que je vivais n’était pas différent de leur quotidien. Mais je ne quittais pas la porte des yeux. Il n’était toujours pas là. Je le réclamais encore quand ils m’ont annoncé qu’ils allaient commencer. Quand il a fini par entrer, tout de bleu vêtu, j’ai été soulagée, j’ai pensé respirer à nouveau, mais non. Une inquiétude s’était cachée derrière la première, sournoise : celle qu’il arrive quelque chose à mon bébé.


Nos mains solidement accrochées, nous ne nous sommes plus adressés un mot. Nous fixions le drap derrière lequel se jouait le 1er grand rôle de la vie de notre enfant. Et puis il y a eu un son, celui de la vie, et les larmes de soulagement ont roulé sur mes joues. Mon mec a eu l’honneur de découvrir le sexe avant moi. Bien sûr qu’il n’allait pas blaguer, pas après ce qu’on venait de vivre. Mais peut-être y pensait-il encore ou peut-être était-il soulagé lui aussi, car il a annoncé que c’était un garçon en riant.

Le prénom a été dit dans un cri. Le mien.

Un thème à l’histoire

Un thème à l’histoire

Ce que j’aime le plus lire dans une nouvelle ou un bouquin, ce sont les sentiments humains. Certains préféreront le suspense, l’humour, la peur, le tragique… moi c’est la magie d’une rencontre, la magie d’un regard échangé, la magie d’une main sur une autre. J’aime ce que ça provoque chez moi : un sourire, une accélération cardiaque, un souffle coupé.

De fait, c’est aussi ce que je préfère quand j’écris. Ce qui explique que mon premier roman portait sur une histoire d’amour. Et que le deuxième portera sur une histoire d’amitié (ET une histoire d’amour, faut pas déconner).
Pourtant, j’ai eu du mal à assumer cette part de moi. Ce plaisir autour du sentiment. Tout simplement par peur. J’avais peur parce qu’il y a cette croyance d’un très grand nombre que le sentiment c’est gnangnan ou mielleux, alors que ça ne l’est pas nécessairement. J’avais peur qu’on me juge, qu’on juge mon livre, qu’on juge mon style, puis qu’on nous mette dans une case et qu’on doive ramer pour en sortir.

Pour preuve, quand on me demandait de pitcher en une phrase Reprendre son souffle, je répondais invariablement « c’est l’histoire d’un secret » au lieu d’assumer que la trame principale est une histoire d’amour. Pour autre preuve, j’ai eu du mal à assumer que certains passages de cette même histoire soient romantiques, alors même que j’ai adoré les écrire.
Aujourd’hui, j’ai compris qu’il n’y avait aucune honte à chercher dans une lecture ce qui nous fait vibrer. Qu’il n’y a pas de honte non plus à aimer écrire ce qui nous touche. Et qu’il y a encore moins de honte à aimer les sentiments.

Et vous, qu’aimez-vous lire / écrire ?

Mon ressenti sur – Agnes Martin-Lugand

Mon ressenti sur – Agnes Martin-Lugand

J’ai pour habitude d’alterner mes lectures.

De choisir un roman populaire, avec beaucoup de dialogues, un sujet simple, sans prise de tête, qui va me faire rire ou me donner une bonne dose d’amour. Puis d’enchaîner avec un roman avec du corps, un sujet grave, des phrases bien tournées pour déclencher chez moi une réflexion voire une remise en question.
En clair : alterner un roman où les pages se tournent vite avec un roman où on prend son temps pour les tourner.

Quand j’ai commencé « Les gens heureux lisent et boivent du café », je ne savais pas à quoi m’attendre. Une amie me l’avait recommandé, me disant de l’auteure qu’elle écrivait du Feel good. Et pourtant, ce roman là commence par un sujet grave : la mort d’un mari et d’un enfant (faites défiler les photos pour voir la très efficace 1ère page).
Je venais de refermer un livre qui m’a bouleversée (j’en reparlerai) et je n’avais pas très envie de me remettre à pleurer. J’ai poursuivi ma lecture sans vraiment y croire. Pour finalement, ne plus le lâcher.
La recette fonctionne : beaucoup de dialogues, des personnages attachants, de l’émotion, le frisson d’une rencontre, des rebondissements, une écriture simple mais efficace. J’ai avalé les pages comme on avale un bon gâteau : avec avidité !
Puis est arrivée la dernière page. Qui laisse presque un gout amer en bouche. Vite, je devais me procurer la suite ! « La vie est facile, ne t’inquiète pas » remplit son rôle. J’ai pris plaisir à retrouver les personnages et à me laisser porter par le style de l’auteure. Une suite efficace, qui permet de conclure l’histoire de ce deuil et de cette reconstruction sur une note pleine d’espoir.

Ces deux romans réussissent le pari de traiter d’un sujet grave, de nous faire vivre les montagnes russes des émotions et de nous laisser avec le sourire. Mon amie n’avait donc pas menti : Agnes Martin-Lugand, c’est du Feel good et ça fait du bien !

Les avez-vous lu ? Avez-vous aimé ?

Bonne année 2021

Bonne année 2021

Depuis quelques mois, je prends le ciel en photo. Je ne faisais pas ça avant. Je prenais en photo ma famille, mes amis, des lieux de vacances. Des moments très concrets, comme pour ne pas oublier. Mais jamais des bouts d’un environnement, qui, pour moi, ne changeait pas vraiment. Et puis 2020 s’est pointé, avec toutes ses incertitudes et son lot de changements. L’urgence de vivre a été remplacée par la contrainte de ralentir le rythme. Comme beaucoup, je me suis mise à vivre des moments simples, à me découvrir des passions (coucou l’écriture, coucou le piano), à me recentrer sur ce qui compte vraiment… Et à lever le nez vers le ciel.

Quand je regarde cette photo, je ne peux pas m’empêcher d’y voir la représentation de 2021.
Est-ce qu’il va faire beau ? Est-ce que le ciel va s’assombrir ?
On ne sait pas d’où vient le vent. On ne sait rien. On est à nouveau dans l’incertitude.
Mais rien ne nous empêche de voir le beau.
De croire à l’éclaircie derrière le nuageux.
Ni d’oeuvrer pour se fabriquer des moments radieux.
Après tout, certains parviennent à danser sous la pluie, non ?

Alors en ce début d’année, en lieu et place des traditionnels voeux, je préfère vous souhaiter une année à l’image de cette photo : de percevoir le beau dans l’incertain.

*mots tirés de la newsletter envoyée en début de mois*

Simplement : merci

Simplement : merci

Quand je repense à ce 5 novembre 2020 (jour de sa sortie), au stress qui m’avait bouffée la veille et à l’exaltation des premières commandes… je me dis qu’on en a fait du chemin, ce roman et moi.

Vous le savez, Reprendre son souffle, c’est mon bébé. Ces personnages, ils sont de ma famille désormais. Raconter leur histoire a été une expérience incroyable. Presque facile (quand je vois ce que je vis avec le 2e, j’ai encore moins de mal à l’affirmer !)
Il fallait que ça sorte. Et c’est sorti vite !
Je suis tombée amoureuse, j’ai pleuré, j’ai ri… j’ai vécu toutes leurs émotions avec force !

Malgré une sortie en auto-édition et pendant le deuxième confinement, le roman s’est frayé un chemin jusqu’à vous. Vous me faites régulièrement part de vos émotions à la suite de votre lecture. Souvent, les mêmes émotions que j’ai ressenti en l’écrivant. Parfois, avec bien plus de force que je ne pouvais l’imaginer.
Je suis aussi heureuse qu’étonnée qu’il s’en vende encore tous les jours, via les plateformes de vente ou sur mon site www.marienomis.com
Je sais que je le dois à votre enthousiasme et au magique bouche à oreille.

Alors simplement : merci.
Vous permettez à ce roman d’avoir une sacrée vie. Et à moi, l’impulsion d’en créer de nouvelles.

💛