Une envie d’ailleurs

Une envie d’ailleurs

De s’échapper, de s’évader, de trouver un nouveau souffle. C’est la 2e fois que je trouve ce que je cherchais en m’installant dans un café. Ce n’est pas parfait. La première fois, c’était le manque de lumière. Cette deuxième fois, c’est le bruit.

Il y a tous ces gens qui gravitent autour de mon corps parfaitement immobile. Ça discute, ça crie au téléphone, ça râle au volant d’une camionnette, ça rigole, ça se lève et ça s’assoit. Ça vit. Être ainsi entourée, même de parfaits inconnus, ça a un côté rassurant aussi.
Il y a le soleil qui nous fait l’honneur de sa présence et qui brûle un peu.
Il y a toutes ces odeurs. La clope, la bouffe, l’essence, les fleurs. Et un parfum d’été, enfin !
Et puis il y a cette fille, assise à califourchon à la fenêtre la plus haute de cet immeuble de 3 étages. Elle a les yeux perdus dans le vague et une tasse à la main. Je ne sais pas dire ce qu’elle pense, ni même si elle va bien. Mais il me suffit de lui imaginer une histoire.

J’ai cédé à une envie et j’ai trouvé tout ce que je cherchais. L’inspiration, la déconnection, des tas de sensations… Et un nouveau souffle.

Second souffle

Second souffle

4 éléments de votre choix – 1 histoire.

En stories Instagram et Facebook, vous avez voté pour :
> Un vieil homme
> Rencontre une vieille connaissance
> Dans la rue
> Avec un album photos

Voici donc la nouvelle écrite pour l’occasion.

Bonne lecture !
Et merci pour vos commentaires 🙏

Skateboard

Skateboard


@sophieastrabie
 expliquait dans l’un de ses posts son indescriptible sentiment de liberté en montant sur son skateboard. Moi, ce sentiment, je l’obtiens quand je fais croire à tous (et à moi-même) que je sais tout faire.
Y compris du skateboard… Alors que je n’en ai fait qu’une seule fois dans ma vie et que ça s’était soldé par une chute qui m’avait valu un bleu de la taille d’une balle de tennis sur le poignet.

C’est ainsi qu’hier soir, après un match de foot opposant la France à la Hongrie qui m’avait passablement ennuyée, et plusieurs verres de gin qui m’avaient passablement éméchée, je suis sortie prendre l’air. Dehors, mes deux enfants ainsi que leur nouveau meilleur ami (rencontré juste avant le coup d’envoi) s’amusaient à glisser sur des skateboards, l’un debout, les autres assis ou allongés.

Après un court instant à les observer, je me suis avancée et j’ai demandé si je pouvais essayer. L’un des deux adultes qui m’accompagnaient m’a dit de faire attention, tandis que l’autre m’a conseillé sur le positionnement de mes pieds. Et puis je me suis mise à glisser. Pas aussi bien que @sophieastrabie, ni aussi gracieusement que ces filles qui parviennent à danser et à glisser en même temps, mais avec assez de facilité pour que les adultes me disent être (un peu) impressionnés.

Mes enfants, quant à eux, ne m’ont même pas regardée. J’aurais pu faire la roue sur une main qu’ils se seraient à peine retournés. Il faut dire qu’ils ont l’habitude de voir leur maman prendre toutes sortes de libertés. Y compris celle de faire tout ce qui lui fait envie, et qu’à défaut de savoir tout faire, elle peut au moins faire semblant d’essayer.

Se dévoiler

Se dévoiler

Quand j’ai écrit Reprendre son souffle, je l’ai fait sans réfléchir à l’après, sans me mettre de limite ni de pression. Au milieu de ce que j’ai imaginé, j’ai mis des bouts de moi, de mes valeurs, des bouts de mon passé et de mon présent. J’avais en tête que personne ne le lirait, ça me permettait de ne pas me censurer.

Et puis je l’ai fait lire à des proches. Et la première chose que je me suis dite, ça a été que quiconque cherchait bien, parviendrait à découvrir mon histoire, mes pensées, et peut-être, quelques-uns de mes secrets.
Rappelons que Reprendre son souffle, c’est une histoire d’adultère. Tout le monde dans mon entourage s’est à un moment dit (ou m’a dit) que cette histoire, je l’avais vécue. Y compris les gens que je connais très bien.

Si au début j’en étais gênée, désormais je suis plus sereine. La vérité dans mes écrits, c’est quelque chose qui m’appartient. Qu’importe ceux qui parviendront à lire entre les lignes. Rien ne m’oblige à expliquer ni à confirmer. Et puis désormais, surtout, j’accepte que c’est le lot de tout écrivain de se livrer. Qu’une plume, ce n’est pas simplement une façon d’écrire, c’est aussi une façon d’être, de penser, et c’est un peu d’une histoire dans l’histoire.

La mise à nue est donc totale. Et qu’importe, si elle fait sens et qu’elle permet de toucher les lecteurs.

Mamie Luger de Benoit Philippon

Mamie Luger de Benoit Philippon

Il y a quelques années, j’étais sur mon canapé, un verre à la main, et face à moi se tenait une amie. Nous n’étions pas seules, mais notre discussion était si enflammée qu’on s’est complètement coupées du monde. Il était question du droit (pour elle) de la pertinence (pour moi) de se balader dans la rue avec une jupe courte.
Cette discussion a marqué le début de mon intérêt pour le féminisme. Aujourd’hui, quand j’en parle avec elle, elle s’en veut de m’avoir secouée comme elle l’a fait (là où je ne la remercierai jamais assez de l’avoir fait).

Car de son point de vue d’aujourd’hui, on peut convaincre sans être obligé de secouer son interlocuteur.

C’est là qu’entre en jeu ce livre.

Mamie Luger, c’est une vieille dame qui est mise en garde à vue après avoir tiré au fusil sur son voisin. Lors de son interrogatoire, elle va se mettre à raconter sa vie. Et sa vie, comme l’écrit Le Nouveau Magazine Littéraire en 4e de couverture c’est « l’histoire d’une femme émancipée, anticonformiste et féministe indignée par la domination masculine ».
Ce livre ressemble à une comédie, il n’y a pas de temps morts, les dialogues sont percutants, c’est drôle. C’est émouvant aussi. Ça claque comme les coups de la vieille dame qu’elle aura porté toute sa vie. Ça se lit si vite, si facilement, que ça semble léger. Alors que c’est loin de l’être.

Lorsque l’on referme ce livre, on prend conscience qu’on peut être secoué autrement qu’en ayant une discussion houleuse. On peut l’être avec une histoire comme celle de Mamie Luger.

L’avez-vous lu ? L’avez-vous aimé ?